Des solutions pour une gestion "humaniste" des personnes âgées existent, la fondation Carpe Diem ( Québec )en est un bel exemple. Certe, la fondation est spécialisée pour accueillir des personnes soufrant de maladie d'Alzheimer et pathologies apparentées mais l'approche des résidents et l'état d'esprit du fonctionnement pourrait aider à bien vieillir en institution. Considérer la personne comme une personne à part entière et non uniquement comme personne malade ou très âgée, utiliser les capacités encore opérantes des personnes, considérer les comportements comme signifiants et en tenir compte, s'adapter à la personne et ne pas demander le contraire , remplacer les médicaments par des thérapies non médicamenteuses et renforcer l'accompagnement humain sincère et adapté aux modifications cognitives des personnes dues à l'âge ou à la maladie, améliorer notre regard sur la vieillesse et l'aborder de façon différente. Changer le regard de notre société sur la personne âgée commence par nous les "aidants"ou "accompagnants", nous devons être acteurs de la qualité de vie des proches concernés. Ne plus "cacher" les personnes âgées et mieux les intégrer à nos vies. Ne plus accepter les règles de fonctionnement de nos institutions ou le résident n'existe plus et vit contraint et forcé, une vie d'assistanat, impersonnelle et rythmée par les horaires et les contraintes de l'institution. Rester acteur de sa vie, le plus longtemps possible même au coeur d'une institution doit être la priorité pour bien vieillir. Alors, me direz vous et l'Art-thérapie dans tout cela ? L'Art-thérapie enseignée à l'école de Tours, défend une idée humaniste de notre profession qui correspond totalement à l'état d'esprit de la fondation Carpe Diem. Respecter la personne, utiliser ses capacités opérantes et tenir compte de ses envies ! L'Art-thérapie a toute sa place dans une institution pour permettre aux résidents de vivre des instants d'expression, de communication et de relation qui visent à améliorer leurs qualité de vie. Mais seule, l'Art-thérapie ne peut suffire, combler ce manque flagrant des institutions à s'adapter au rythme des résidents, à les prendre en considération autrement que par le soin(certe très important).C'est un travail qu'il faut mener en équipe, orienter les pratiques dans la même et unique direction. C'est l'ensemble du fonctionnement qu'il faudrait revoir, les personnels soignants auraient tout à gagner à ce type d' organisation plus humaine et plus valorisante. Espérons que Carpe Diem saura influencer nos institutions sanitaires, et n'hésitons pas à nous investir dans ce sens que nous soyons conjoint, parent, enfant,ou soignant. A savoir: L'association Ama Diem,( association pour l'accompagnement des personnes jeunes atteintes de la maladie d'Alzheimer (et maladies apparentées) et de leurs familles.)s'inspire de la fondation Carpe Diem et oeuvre en France (38 920 Crolles). http://www.amadiem.fr/
Commençons cette nouvelle année dans la joie et l'allégresse ! Mon aventure continue et mon expérience en EHPAD ( unité fermée pour personnes atteintes de démences de type Alzheimer) se poursuit. Rien de mieux que l'expérience pour se rendre compte, s'immerger dans ce monde tellement à part, tellement étrange. C'est au fil de mes lectures que je tombe sur cette information délivrée par le journal de l'humanité: "En Allemagne,On délocalise aussi les vieux" http://www.humanite.fr/monde/en-allemagne-delocalise-aussi-les-vieux-510344
Non, il ne s'agit pas d'une blague mais d'une réalité. Le contexte économique, encore lui, en serait le grand responsable. "De plus en plus de familles, confrontées au coût croissant du grand âge, expédient Papie et Mamie dans des pays à main-d'oeuvre bon marché ", les tarifs des structures ne peuvent plus être supportés par les familles, pire encore,il semblerait selon l'article de Laurent Mouloud que "la sécurité sociale allemande regarderait ce phénomène avec beaucoup d'intérêt, alors qu'elle est confrontée à une hausse continue du nombre de bénéficiaires de l'allocation dépendance"! Que faut-il en penser ? Ne pas juger trop vite ceux qui sont confrontés à cette difficulté supplémentaire au quotidien ou s'insurger contre ce type de pratique en pensant qu'il y a toujours des solutions envisageables ! Travailler avec des personnes souffrants de maladie d'Alzheimer (ou pathologies apparentées )nécessite l'apprentissage d'une grande humilité, tant au niveau des personnes atteintes que de leurs aidants ( la famille, en général )et des personnels soignants. Mesurer objectivement les souffrances de ces familles me paraît difficile, seules les personnes confrontées à cette situation peuvent se rendre compte de la réalité. Mais "délocaliser" une personne âgée semble totalement inhumain, quelque en soient les raisons. Vieillir, c'est déjà être dans la perte de tout ce qui a pu animer une vie. Vieillir loin des siens, avec des personnels soignants d'une autre culture, d'une autre langue, c'est demander à la personne âgée de s'adapter à un énorme bouleversement. Quand aux personnes qui souffrent de maladies de type Alzheimer, contrairement à ce que l'on pourrait penser, cela ne pourrait qu'accroître la désorientation et désarmer la personne de façon significative, anéantir le peu de liens affectifs qui peuvent encore se manifester. Alors, espérons que 2013 sera une année de solidarité et d'engagement, de réflexions et de propositions ou nous devons tous à notre niveau être acteurs, pour assurer le mieux possible l'avenir de nos personnes âgées, qui rappelons le, est aussi le nôtre.