mercredi 2 juillet 2014

Ressentir la musique




Un peu de légèreté et de beauté !
Cette petite fille est sans doute issue d'un milieu ou la musique fait partie du quotidien, sa maman ou son papa sont peut-être chef de chœur ?, mais quelle belles images de se qui peut se tramer entre le corps et l'esprit, un régal ! 

jeudi 26 juin 2014

" Flore", un documentaire de Jean-Albert Lièvre (Sortie en salle prévue le 24 septembre 2014)

Invité de l'émission "Jour de Fred" (18h20 sur France Inter), Jean-Albert Lièvre nous a raconté avec beaucoup d'émotion, l'histoire de ce documentaire qui concerne la maladie de sa mère:

« Depuis trois ans, je réalise un film très personnel sur ma mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Un témoignage de ses errances parisiennes, jusqu’à son installation en Corse. Contre l’avis général, j’ai décidé avec ma sœur de la sortir des institutions pour l’installer en Corse dans sa maison, où, au contact de la nature et entourée d’une équipe atypique, nous avons assisté à une véritable renaissance. Arrivée en fauteuil roulant, dans un état de « glissement » vers une fin de vie certaine, aujourd’hui, elle marche, se baigne, et s’est remise à parler, elle a retrouvé l’usage des crayons et des pinceaux. Au contact des éléments, dans un environnement sain, elle est revenue à la vie. Elle est heureuse. »





Ce documentaire sortant en salle dès le 24 septembre, je ne l'ai pas visionné mais j'ai été très attentive et très touchée par cette expérience et vous invite à écouter l'émission en podcast.

Cette histoire interpelle et interroge notre rapport à la maladie dite d'Alzheimer et notamment sur ce que nous acceptons sous couvert de culpabilité, la fatalité de l'institution !! L'institution "qui n'a pas assez de budget, que voulez vous !".

L'émission a suscité des commentaires et notamment celui d'un médecin gériatre qui s'interroge sur ce que pourrait créer ce témoignage, à savoir,"les éventuels sentiments de culpabilité des familles qui n'ont pas d'autre choix que de confier leur proche à une institution ... et sur le doute (quand à la qualité des soins en institution) qui pourrait entraîner la suspicion portée à l'égard des soignants...".

Or,sans omettre le fait que tout le monde ne puisse avoir les moyens financiers de se lancer dans une telle aventure, il m'apparaît important de souligner une chose essentielle voir indispensable à ce projet, la volonté. Car quand bien même serions nous tous très aisés, je doute que nous souhaiterions tous prendre cet engagement. Chacun en donnera ses raisons propres et sans doute légitimes mais l'acceptation et l'engagement des proches(et de la société)semblent primordiales pour mieux gérer ces maladies.
Car est-il possible d'envisager la question de la démence sans prendre en compte l'environnement humain, affectif et social d'une personne ? 

Les conditions de vie et de travail ont entraîné des changements sociaux et des attitudes plus individualistes, le placement des personnes âgées perdant leur autonomie est devenue presque inévitable. Mais devons nous pour autant tout accepter ?

Le monde de l'institution est en pleine évolution et nous voyons alors pousser les maisons de retraite "comme des champignons". Lorsqu'elles existent déjà,elles sont rachetées par de grands groupes qui investissent et répondent à la demande toujours plus forte d'une population ou l'espérance de vie défie toutes les espérances.Les budgets de ses grands groupes sont colossaux et les tarifs demandés aux familles sont souvent élevés. Or de quelque côté ou l'on se tourne, il semblerait que les effectifs soignants soient voués à être insuffisants. Malgré le courage et les bonnes volontés des personnels soignants, la volonté politique du fonctionnement de ces établissements semble en inadéquation avec la réalité de terrain.
De ce fait, les raisons  économiques ont une influence directe sur les prises en charge des "patients Alzheimer", l'institution s'organise autour de sa mission première qui est d'héberger, de soutenir, de nourrir,de laver , de soigner; la réponse à la mission fait passer les besoins de l'organisation collective avant les besoins individuels, le risque apparaissant de façon flagrante, d'un système ou l'on assimile la vie à sa seule dimension matérielle.

le documentaire de Jean-Albert Lièvre ( certes, je ne l'ai pas encore vu !)bousculera sans doute beaucoup d'idées reçues, et c'est tant mieux !

Art-thérapeute en unité fermée ( dédiée aux personnes âgées souffrant de démences de type Alzheimer), je peux témoigner sur ce sujet.
Ce que la famille de "Flore" offre à sa mère, c'est ce que toute société humaine digne de ce nom devrait pouvoir offrir à ses aînés.Le soin n'étant pas l'apanage du "tout physiologique", le soin devant englober la notion humaine, la dignité, le respect de la personne, l'acceptation et l'adaptabilité.
 Ainsi cette famille, de par sa volonté, permet à Flore d'avoir une vie qui a du sens pour elle, dans un environnement qui lui est familier, qui corresponde à ses valeurs (la nature). Elle lui donne ainsi une forme de liberté, elle lui permet de s'épanouir (elle existe en tant que personne et non uniquement entant que malade), de percevoir la beauté(elle est au contact de la nature comme elle l'a sans doute été dans sa vie), de ressentir encore des émotions (se baigner, se promener, peindre...),bref,elle" est" !

Alors n'accusons donc personne de nous culpabiliser et que nous soyons aidants, soignants, engageons nous à faire respecter notre dignité humaine. Mr Lièvre, merci pour ce témoignage ...et prenez bien soin de Flore.






lundi 23 juin 2014

l'art-thérapie, du visible à l'intime (2013)




Ce documentaire est un bel aperçu du travail en art-thérapie, en particulier avec des personnes âgées; "identifier, mobiliser et accueillir le processus créateur"de la personne âgée est encore possible et bénéfique à sa qualité de vie.

Documentaire produit par l'association Mr Vincent, réalisé par H. Béreaud-gonzales et PH.Gradelet, avec la collaboration de M.Guichardon.



mardi 8 avril 2014

les déboires d'une Art-thérapeute fraîchement diplômée



Non, je n'ai rien abandonné! L'été 2013 a été consacré à la rédaction de mon mémoire, puis après ma soutenance en octobre 2013, j'ai obtenu mon diplôme d'Art-thérapeute de la Faculté de Médecine de Grenoble. Pour fêter cela, je me suis ensuite permise une petite pause pour l'île de la Réunion et Mayotte!



Illustration de Sergio Toppi

 Dès mon retour en novembre, j'ai bien entendu mis en place tout un arsenal de plaquettes, ciblant dans un premier temps, la gériatrie et la psychiatrie, ce qui me semblait plus logique au vue de mes expériences de stage. Ces plaquettes étaient éditées comme des dossiers, elles donnaient une définition précise de l'Art-thérapie, une méthodologie et présentaient les atouts de ce travail auprès des institutions ciblées. Le tout bien sûr, accompagné d'une lettre et d'un CV personnalisés.
Soucieuse de travailler avec divers publics, j'ai ensuite constitué des dossiers concernant un public d'enfants et plus particulièrement en MECS (Maison d'enfants à caractère social), des établissements qui ont pris le rôle anciennement dévolu aux orphelinats.

Au bout d'une semaine, j'ai pris contact avec les différentes institutions, dans le but de les relancer et d'obtenir des rendez-vous et c'est ici que j'ai commencé à souffrir !
Je n'ai reçu que des réponses négatives mais je n'ai surtout pu rentrer en contact avec les cadres soignants ou dirigeants. J'ai tenté le déplacement "sur place", mais ils n'ont pas donné de grands résultats.

 Résultats des courses, je travaille pour l'instant pour une maison de retraite, en unité fermée pour sept personnes et tenez vous bien, à raison d'une heure par mois !
L' EHPAD pour laquelle je travaillais durant mes études et dans lequel j'ai effectué mon second stage n'a pas renouvelé sa demande, pour faute de budget(façon polie de me dire que seule les interventions de groupe étaient économiquement plus rentables).

Voilà ou nous en sommes, car je ne vous cache pas que nous sommes nombreuses dans ce cas.
Pourtant des postes intéressants se créent, mais pas encore dans notre région, du moins pas à ma connaissance.

Le côté positif étant que ma disponibilité m'a permis de renouer avec ma pratique artistique que j'avais mise de côté durant ces deux années.
Pour rester sur une note positive, je tâche de m'adapter, c'est à mon sens la première qualité de l'art-thérapeute.

A bientôt, je l'espère pour des news plus "pepsi" !


dimanche 24 février 2013

Peintures







Marjane Satrapi,auteur de bandes dessinées et réalisatrice de film,nous avait interpellés avec sa série Persepolis.( Histoire autobiographique de l'auteur durant la première révolution en Iran ).
Aujourd'hui, elle expose une vingtaine de portraits en peinture à la galerie Jérôme de Noirmont ( Paris 8ème ).
On aime le côté énigmatique,les grands aplats de couleurs,un air faussement naïf qui semble proche de cette personnalité.






mercredi 20 février 2013

" Vous avez dit vieillir ? "





Qui a dit que vieillir ne pouvait pas rimer avec plaisir ? ( chacun ses plaisirs évidemment ! )

Cela fait écho avec ce que disait la grande neurologue Rita Levi-Montalcini :

" Donnez de la vie à vos jours plutôt que des jours à votre vie ".


lundi 21 janvier 2013

Paroles de séances

Quelques paroles entendues lors des séances en EHPAd.


" C'est tellement agréable quand on fait quelque chose, on se sent quelqu'un, on existe "!

Janne C., 92 ans.

dimanche 20 janvier 2013

Art-thérapie en institution









"S'appuyant sur une expérience de dix-huit années dans les services de long séjour, l'auteur nous présente la prise en charge spécifique du patient dément en institution, en associant thérapie comportementalo-cognitive avec l'art-thérapie, la musico-thérapie, la danse thérapie. Ce type de thérapie peut apporter au malade dément une certaine réhabilitation de ses facultés cognitives, une diminution des troubles du comportement et la disparition des symptômes dépressifs. En effet, contrairement à l'image catastrophique du dément, véhiculée par les médias, l'auteur apporte ici la preuve vécue que le dément garde des possibilités sensorielles, ludiques et le sens de l'humour. Comment motiver le patient à danser ou à prendre le pinceau pour peindre ? Comment organiser les séances pour éviter l'ennui ou l'anxiété du patient ? Quels sont les résultats de sa participation à un atelier thérapeutique ? Chaque atelier (atelier de mémoire, d'art-thérapie, musicothérapie et danse-thérapie) est décrit par l'auteur de façon détaillée : objectifs, matériel, séances-types, résultats..., et illustré par des études de cas. Ce livre, clair et pratique, s'adresse aux psychologues, artthérapeutes, animateurs mais aussi à l'équipe soignante et à tous les professionnels prenant en charge des patients atteints de démence dans des services de long séjour, maisons de retraite, hôpitaux de jour ainsi que " Centres d'Accueil de Jour ".




Henryka Katia Lesniewska, docteur en psychologie (ancien Maître de Conférences de psychologie à l'Université Jagellone de Cracovie), travaille en tant que psychologue clinicienne au Centre hospitalier d'Arpajon. Formée en thérapie comportementa-locognitive et en art-thérapie, elle a créé et anime depuis dix-huit ans des ateliers thérapeutiques destinés aux patients atteints de démence sévère.

La personne âgée en Art-thérapie





"En 2040, les âgés représenteront 33 % de la population totale... Ce constat qui, avec quelques nuances soc io-démographiques et culturelles, concerne la plupart des sociétés industrialisées, interpelle l'acuité des politiques et des acteurs du soin en quête de stratégies cliniques et thérapeutiques pragmatiques. Même si quelques travaux ont été consacrés à la créativité et à l'art-thérapie des personnes âgées ; cet ouvrage entend aller beaucoup plus loin dans les propositions théoriques et pratiques... Toutes les contributions y sont ponctuées par de riches et originales expériences cliniques enracinées dans de multiples lieux institutionnels et/ou associatifs. La diversité des formations et des origines professionnelles des auteurs offre à cet ensemble une belle tonalité d'interdisciplinarité. In fine, ces travaux se rejoignent pour souligner l'existence, chez la personne âgée, d'une pulsion créatrice et d'un processus créateur résistant à toutes les turpitudes de la vie, à condition de rencontrer un ou des tiers pour identifier, mobiliser, accueillir, enrichir et respecter cette dynamique de vie. Aux praticiens, animateurs, bénévoles et autres acteurs de se saisir de tout cela pour les accompagner de moments en instants précieux."


Jean-Luc Sudres (Psychologue, Docteur en Psychopathologie, Maître de Conférences en Psychologie), Guy Roux (Neuropsychiatre et Président de la S.LRE. - Société Internationale de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-thérapie), Muriel Laharie (Agrégée de l'Université, Maître de Conférences et Docteur en Histoire du Moyen-Age), François De La Fournière (Médecin Gériatre et chef de service) ont dirigé ce travail.

Evaluation en Art-thérapie




Elément important du métier d'Art-thérapeute, l'évaluation des séances est primordiale pour réaliser un travail thérapeutique.

En résumé:

"Les interactions entre activité artistique et thérapie sont avérées depuis l'Antiquité. En ce début de XXIe siècle, l'art-thérapie, association de l'art et de la médecine, tend à s'affirmer comme une discipline à part entière. Elle s'adresse aux personnes qui souffrent de troubles de l'expression, de la communication, de la relation ou ayant des retards dans les acquisitions et le développement de leur personnalité. L'indication en art-thérapie est proposée par l'équipe médicale et paramédicale d'un commun accord avec les patients sensibles aux arts. En juin 2006, l'École d'art-thérapie de Tours - Afratapem -, pionnière européenne dans la recherche et l'enseignement en art-thérapie, célébrait ses trente années d'existence.
Cet ouvrage rassemble les thèmes abordés lors de ce congrès anniversaire en évoquant les aspects théoriques et pratiques ainsi que les perspectives d'avenir de l'art-thérapie. L'accent est mis sur la nécessité et l'importance de l'évaluation en art-thérapie afin d'asseoir la discipline comme profession à part entière et d'offrir aux arts-thérapeutes, en formation et en exercice, toutes les clés de la bonne pratique de leur " art ". Devant une assistance représentant seize nationalités, des arts-thérapeutes venus de France, de Belgique, du Portugal ou encore du Brésil ou du Bénin exposent, confrontent leurs expériences et offrent au lecteur un vaste pan
orama de la pratique et des perspectives en art-thérapie."



"Tout savoir sur l'Art-thérapie"







"Tout savoir sur l'Art-thérapie" de Richard Forestier


"Quel est le pouvoir expressif et relationnel de l'art ? En quoi l'émotion peut-elle contribuer à restaurer l'équilibre mental d'une personne ? Quels sont les moyens et les méthodes qui permettent à l'art de devenir thérapeutique ? Autant de questions qu'aborde ce livre, qui expose, à l'attention dugrand public, des artistes et des soignants, les diverses potentialités de l'art comme modalité thérapeutique. L'art-thérapie ne doit pas être confondue avec l'atelier d'art, l'ergothérapie ou la psychothérapie. Il s'agit véritablement d'une activité thérapeutique originale, reconnue par lamédecine, qui possède ses propres fondements et objectifs. Qu'elle soit à dominance musicale, plastique ou corporelle, l'art-thérapie repose sur l'idée que l'expression artistique a un véritable rôle à jouer dans la maîtrise des troubles psychiques, somatiques ou comportementaux. L'activité artistique opère alors comme une fonction d'épanouissement, de rééducation et de soins, avec la mise en oeuvre d'une potentialité physique, la mise en forme d'un idéal personnel et la mise à jour d'une personnalité sensible. Cette reconnaissance de lasensibilité de l'homme, et l'exploitation éducative et socialisante de l'art ouvrent sur une nouvelle dimensionintérieure. A travers les diverses formes que l'art peut revêtir, c'est à l'essence et à l'équilibre de sa propre personne que chacun peut accéder, pour autant que cette démarche soit menée par des spécialistes avisés." 
http://www.evene.fr/livres/livre/richard-forestier-tout-savoir-sur-l-art-therapie-32869.php



Des témoignages pour avancer ...




Cette année universitaire (D.U.Art-thérapie,faculté de médecine de Grenoble) devra être accompagnée d'un stage pratique de 140 heures.
J'ai pour ma part, la possibilité de faire ce stage en EHPAD.

Dans le but d'optimiser mes expériences et ma réflexion, je recherche des témoignages de soignants travaillant en Unité fermée ainsi que des témoignages de personnes ayant un proche concerné par la maladie d'Alzheimer (ou pathologie apparentée).

Je vous laisse la possibilité de me contacter par le biais des commentaires sur le blog, sachez que ces éventuels échanges resteront confidentiels ou seront diffusés sur le site si vous le désirez.




Un modèle à suivre




Des solutions pour une gestion "humaniste" des personnes âgées existent, la fondation Carpe Diem ( Québec )en est un bel exemple.

Certe, la fondation est spécialisée pour accueillir des personnes soufrant de maladie d'Alzheimer et pathologies apparentées mais l'approche des résidents et l'état d'esprit du fonctionnement pourrait aider à bien vieillir en institution.

Considérer la personne comme une personne à part entière et non uniquement comme personne malade ou très âgée, utiliser les capacités encore opérantes des personnes, considérer les comportements comme signifiants et en tenir compte, s'adapter à la personne et ne pas demander le contraire , remplacer les médicaments par des thérapies non médicamenteuses et renforcer l'accompagnement humain sincère et adapté aux modifications cognitives des personnes dues à l'âge ou à la maladie, améliorer notre regard sur la vieillesse et l'aborder de façon différente.

Changer le regard de notre société sur la personne âgée commence par nous les "aidants"ou "accompagnants", nous devons être acteurs de la qualité de vie des proches concernés.
Ne plus "cacher" les personnes âgées et mieux les intégrer à nos vies.
Ne plus accepter les règles de fonctionnement de nos institutions 
ou le résident n'existe plus et vit contraint et forcé, une vie d'assistanat, impersonnelle et rythmée par les horaires et les contraintes de l'institution.

Rester acteur de sa vie, le plus longtemps possible même au coeur d'une institution doit être la priorité pour bien vieillir.

Alors, me direz vous et l'Art-thérapie dans tout cela ?

L'Art-thérapie enseignée à l'école de Tours, défend une idée humaniste de notre profession qui correspond totalement à l'état d'esprit de la fondation Carpe Diem.
Respecter la personne, utiliser ses capacités opérantes et tenir compte de ses envies !

L'Art-thérapie a toute sa place dans une institution pour permettre aux résidents de vivre des instants d'expression, de communication et de relation qui visent à améliorer leurs qualité de vie.
Mais seule, l'Art-thérapie ne peut suffire, combler ce manque flagrant des institutions à s'adapter au rythme des résidents, à les prendre en considération autrement que par le soin(certe très important).C'est un travail qu'il faut mener en équipe, orienter les pratiques dans la même et unique direction.
C'est l'ensemble du fonctionnement qu'il faudrait revoir, les personnels soignants auraient tout à gagner à ce type d' organisation plus humaine et plus valorisante.

Espérons que Carpe Diem saura influencer nos institutions sanitaires, et n'hésitons pas à nous investir dans ce sens que nous soyons conjoint, parent, enfant,ou soignant.


A savoir:

L'association Ama Diem,( association pour l'accompagnement des personnes jeunes atteintes de la maladie d'Alzheimer (et maladies apparentées) et de leurs familles.)s'inspire de la fondation Carpe Diem et oeuvre en France (38 920 Crolles).

http://www.amadiem.fr/



samedi 19 janvier 2013

Une bien belle année 2013 sous le signe de la "délocalisation"

Commençons cette nouvelle année dans la joie et l'allégresse !

Mon aventure continue et mon expérience en EHPAD ( unité fermée pour personnes atteintes de démences de type Alzheimer) se poursuit.
Rien de mieux que l'expérience pour se rendre compte, s'immerger dans ce monde tellement à part, tellement étrange.

C'est au fil de mes lectures que je tombe sur cette information délivrée par le journal de l'humanité:
"En Allemagne,On délocalise aussi les vieux"

http://www.humanite.fr/monde/en-allemagne-delocalise-aussi-les-vieux-510344

Non, il ne s'agit pas d'une blague mais d'une réalité.
Le contexte économique, encore lui, en serait le grand responsable. 

"De plus en plus de familles, confrontées au coût croissant du grand âge, expédient Papie et Mamie dans des pays à main-d'oeuvre bon marché ", les tarifs des structures ne peuvent plus être supportés par les familles, pire encore,il semblerait selon l'article de Laurent Mouloud que "la sécurité sociale allemande regarderait ce phénomène avec beaucoup d'intérêt, alors qu'elle est confrontée à une hausse continue du nombre de bénéficiaires de l'allocation dépendance"!

Que faut-il en penser ?
Ne pas juger trop vite ceux qui sont confrontés à cette difficulté supplémentaire au quotidien ou s'insurger contre ce type de pratique en pensant qu'il y a toujours des solutions envisageables !

Travailler avec des personnes souffrants de maladie d'Alzheimer (ou pathologies apparentées )nécessite l'apprentissage d'une grande humilité, tant au niveau des personnes atteintes que de leurs aidants ( la famille, en général )et des personnels soignants.
Mesurer objectivement les souffrances de ces familles me paraît difficile, seules les personnes confrontées à cette situation peuvent se rendre compte de la réalité.

Mais "délocaliser" une personne âgée semble totalement inhumain, quelque en  soient les raisons.
Vieillir, c'est déjà être dans la perte de tout ce qui a pu animer une vie.
Vieillir loin des siens, avec des personnels soignants d'une autre culture, d'une autre langue, c'est demander à la personne âgée de s'adapter à un énorme bouleversement.
Quand aux personnes qui souffrent de maladies de type Alzheimer, contrairement à ce que l'on pourrait penser, cela ne pourrait qu'accroître la désorientation et désarmer la personne de façon significative, anéantir le peu de liens affectifs qui peuvent encore se manifester.

Alors, espérons que 2013 sera une année de solidarité et d'engagement, de réflexions et de propositions ou nous devons tous à notre niveau être acteurs, pour assurer le mieux possible l'avenir de nos personnes âgées, qui rappelons le, est aussi le nôtre.





jeudi 29 novembre 2012

Les détériorations cognitives associées à l'Alzheimer

"Le cerveau à tous les niveaux"

Ce site web canadien interactif est d'excellente qualité,il réponds a tous les niveaux de connaissance, il pousse a aller toujours plus loin dans la recherche d'informations sur tout ce qui concerne notre cerveau et les comportements humains.

http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_08/a_08_p/a_08_p_alz/a_08_p_alz.html




vendredi 16 novembre 2012

Vivre sa vieillesse au lieu d'en faire une maladie

Au travers de mes lectures,je tiens à faire partager les écrits de Jean Maisondieu sur la maladie d'Alzheimer.

Dans "le crépuscule de la raison",il nous invite à une réflexion sur l'image véhiculée par la vieillesse et la mort dans notre société.
Et si le fléau de la maladie d'Alzheimer était aussi le symptôme d'une société qui rejette la vieillesse et la mort?
Les lésions organiques seraient-elles les seules causes de la maladie ?
La peur maladive de vieillir(et de mourir )aurait-elle des répercussions organiques ?
L'altération des facultés intellectuelles et notamment celle de la mémoire ne serait-elle pas un déni face à l'insoutenable réalité ?
Ne serions nous pas tous "complices"de cet effacement progressif des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer ?



Jean Maisondieu est psychiatre des hôpitaux,et auteur de plusieurs ouvrages,dont " la fabrique des exclus","liberté,égalité...psychiatrie".

dimanche 11 novembre 2012

Sélection de livres

Je vous propose une sélection de livres ou revues en rapport avec l'Art-thérapie,l'art,la physiologie,la neurologie,la psychopathologie et sans doute quelques autres thèmes juste pour le plaisir de lire ...



Un petit bijou pour commencer, mon livre de coeur ou l'histoire de l'art se transforme "en poème lyrique","un roman de l'humanité",délicieusement enrichissant.






Elie Faure: Né en Gironde en 1873.Il devient médecin en 1899,
passionné par les divers domaines des arts plastiques,il devient critique d'art en 1902( "journaliste spécialisé dans la vie artistique"pour l'Aurore).Il donnera des cours d'histoire de l'art dans le cadre des universités populaires qui lui serviront pour ses écrits.

samedi 3 novembre 2012

"Le lien qui nous rattache aux autres"

J'avoue,j'avoue,je suis complètement fana de Jean Claude Amelsen.

Cette semaine,empathie et sympathie,deux notions très importantes pour les Art-thérapeutes.Je vous laisse le loisir d'écouter l'émission du samedi 3 novembre intitulée:" Le lien qui nous rattache aux autres".


Chaque semaine, Jean Claude Ameisen propose un voyage à la découverte d’un univers.
Un voyage avec ses escales : dialogues avec des hommes et des femmes engagés dans la recherche, la culture et la vie sociale, accompagnés par des textes et voix d’écrivains, de scientifiques et de poètes.

jeudi 1 novembre 2012

Mr Lazhar

Un film de Philippe Falardeau( d'après la pièce d'Evelyne de la Chenelière), tout en finesse et sensibilité sur un sujet difficile, le deuil et la résilience. Mohamed Fellag n'en finit plus de nous émouvoir,un film plein d'humanité.








"A Montréal, Bachir Lazhar, un immigré algérien, est embauché au pied levé pour remplacer une enseignante de primaire disparue subitement. Il apprend peu à peu à connaître et à s’attacher à ses élèves malgré le fossé culturel qui se manifeste dès la première leçon. Pendant que la classe amorce un lent processus de guérison, personne à l’école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir, qui risque l’expulsion du pays à tout moment."

mardi 30 octobre 2012

Prosper,Yopla Boum !

Jeanne a 92 ans,elle n'a plus de famille et se trouve domiciliée dans une *unité de vie de type Alzheimer.

Pour sa sécurité,elle n'a pas accès à l'extérieur(sauf en accompagnement)et passe la journée à attendre :"que la mort vienne la chercher".
Ce genre de confidence,elle me la fait chaque fois que j'arrive le mercredi à 14 heures,puis elle reconnaît mon sourire,ma sincérité et mon enthousiasme,elle sait que nous allons faire quelque chose ensemble.





Puisqu'elle m'accorde sa confiance,elle accepte de participer à l'atelier de peinture,pourtant ses capacités visuelles sont très atteintes.Quelquefois,nous poussons la chansonnette,tout son petit corps alors se met à vibrer et elle imite Maurice Chevalier à la perfection,mais surtout, Jeanne a un secret.

Le secret de Jeanne,c'est l'envie !
L'envie d'en découdre encore avec ce qui lui reste de valide et d'opérant,l'envie d'apprendre encore et toujours,l'envie d'exister,l'envie de garder la tête haute,l'envie d'être fière de soi.

Durant l'activité,sa bonne humeur se gonfle à la mesure d'un ballon de montgolfière, les souvenirs refont surface,elle devient intarissable.
Les souvenirs de l'enfance,les difficultés de la vie d'antan...

Parfois,elle oublie que ses parents ne sont plus ou que son époux et son fils ont quitté cette terre depuis longtemps maintenant mais ce qu'elle n'oublie pas,c'est de sourire,c'est de m'offrir un regard pétillant parce qu'enfin,quelqu'un veut bien s'intéresser à elle (autrement que pour des soins),la considérer telle qu'elle est,ne pas la brusquer,ne pas la juger.
Lui permettre d'échanger avec autrui dont le regard ne sera pas accusateur,échanger avec quelqu'un qui ne jugera pas de sa vieillesse et qui saura reconnaître en elle la femme qu'elle est aujourd'hui...

Lorsque nous nous quittons,elle me remercie mille fois pour "cette belle journée passée en ma compagnie",elle cherche ses clefs pour "rentrer chez elle"et s'en retourne dans le couloir avec un petit refrain dans la tête: " Prosper,Yopla Boum,c'est le chéri de ses dames .."


*Unité de vie fermée( espace réservé aux personnes souffrant de maladie de type Alzheimer ou pathologies apparentées pour la sécurité des résidents)


Cette photographie fait partie de la magnifique production de Hervé Baudat,à voir absolument la collection "cent souvenirs" entre autre.http://www.hervebaudat.com/fr/portfolio-11698-0-40-alzheimer-photographies-cent-souvenirs.html